Loïc Bommersbach
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Situation professionnelle En poste
Emploi et carrière En simple veille
Communication des sciences et de l'innovation
Passionné par les sciences et plus particulièrement l'astronomie et le spatial, je suis diplômé d'un Master Professionnel "Communication scientifique et technique".Tout au long de ma scolarité, j'ai été au cœur du monde de la communication et de la médiation des sciences. D'abord médiateur scientifique pendant 6 ans au CCSTI Grenoble, puis chargé de mission "Communication et Médiation" dans cette même structure et aussi à l'ONERA et au CNES, j'ai été amené à travailler avec différents partenaires et ce sur des thématiques variées. Que ce soit des présentations devant des publics allant des scolaires à des cadres, la réalisation de panneaux d'exposition ou encore la création d'un journal trimestriel et la création d'un jeu débat, je possède une expertise assez large dans tous les domaines de la communication et de la médiation scientifique.
Je souhaite intégrer une entreprise ou une structure dont les activités sont liées aux domaines des sciences, de l'innovation et des nouvelles technologies.
Blog
Episode 6 : une journée type en Guyane…
27/03/2010
Retour sur mon blog, il est vrai que je n’ai pas pris mais surtout pas eu le temps d’écrire dessus ces derniers jours…
Je vous avais laissé sur les Iles du Salut la dernière fois et bien, j’y suis retourné le week-end dernier avec mes parents. Cette fois-ci, nous avons pu réserver un catamaran, beaucoup plus sympa que de prendre un bateau à moteur avec une cinquantaine de passagers. Ici, seulement une dizaine de passagers voguant doucement vers ce petit coin de paradis guyanais. Notre skipper, Marc, est un personnage haut en couleurs qui n’hésite pas à parler franchement et ne s’embarrasse pas des détails. Un moment bien convivial, avec le planteur offert, la mer parait tout de suite moins agitée…
Dimanche après-midi, nous sommes allés à Sinnamary, à une soixantaine de kilomètres de Kourou pour assister à l’envol des Ibis rouges. Nous avons embarqué sur une pirogue, sur le Sinnamary, à destination de l’embouchure de ce fleuve « le plus beau de Guyane », selon notre guide. Ce passionné de faune et de flore, nous a fait découvrir la nature guyanaise pendant trois heures. Que ce soit pour nous expliquer l’intérêt de telle ou telle plante pour les Amérindiens ou la période de reproduction des Aras verts, on a pu découvrir la richesse immense de la nature de Guyane. C’est vraiment impressionnant toute cette biodiversité, on se doit de la protéger. Ca tombe bien, 2010 est l’année mondial de la biodiversité, ici en Guyane cela prend tout son sens, peut être plus encore que dans les environnements urbains de la métropole.
Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais je vous avais promis de vous raconter une journée type en Guyane, de mon point de vue. Je m’exécute.
Ici, vue que l’on est près de l’Equateur, le soleil se lève tôt (6h30) et se couche tôt (19h), il faut donc vivre avec celui-ci. Mon réveil sonne généralement vers 6h20, pour aller prendre une navette qui me transporte de chez moi au Centre Spatial. Je prends celle-ci à 7h10, j’arrive au travail vers 7h30. C’est tôt mais au moins il n’y a personne et je peux travailler tranquillement. Il y a aussi une deuxième navette à 7h50 mais je la prend pas trop, je préfère arriver tôt. Je vous explique la situation. Je suis dans un bureau dans le hall d’entrée du bâtiment de la Communication. Ce bureau est du type open space, c’est à dire que je suis au milieu de tout le monde et que ce n’est vraiment pas facile pour se concentrer lorsque les collègues viennent vous dire bonjour ou vous glisser un petit mot. Enfin, c’est sympa quand même, il y a de la vie dans le service ! La tradition veut que vers 8h30 on aille prendre un petit déjeuner à la Cafèt’ située à côté du bâtiment de la Com’ (quel heureux hasard…). Au choix, de nombreux sandwichs et des viennoiseries. Il faut voir le monde qu’il y a dès 8h, c’est impressionnant, tout le monde va chercher son sandwich. Retour au bureau où je fait régulièrement l’accueil des gens perdus dans notre bâtiment…et pause repas à midi jusqu’à 13H30. L’après-midi c’est reparti, on travaille jusqu’à 16h30 ou 17h (là aussi deux navettes) et retour à l’appartement pour un petit gouter bien mérité. Vers 19h, à la nuit tombante pour éviter la chaleur, on part courir avec mon coloc sur la plage de Kourou (Bay watch mode on…) et fait aussi quelques exercices pour se maintenir en forme. Voila, la journée se termine tranquillement. Parfois on se fait un petit repas avec les autres stagiaires, on mange un « Super Maguy » (sandwich dont je vous ai déjà parlé) en discutant des projets pour les week-ends qui arrivent.
Au menu : Suriname, marais de Kaw, tortues luths à Awala Yalimpo, sentier Molokoï, carbet Malitissi, etc. Je vous raconterais bien entendu toutes ces petites aventures dans les billets suivants. La semaine prochaine, je serais au « Camp Canopée » un ensemble de carbets installés dans les arbres dont le point culminant est à 36m de hauteur ! Il faut une vingtaine de minutes pour arriver au sommet des arbres et profiter ainsi de la vie magnifique (enfin c’est ce qu’on dit, je vous confirmerais ça prochainement…).
Sinon côté spatial, le lancement prévu vendredi 26 mars (V194) a été reporté a une date ultérieure. Le lanceur est rentré au BAF (Bâtiment d’Assemblage Final) pour que l’on remplace un de ses sous-systèmes. Normalement on devrait avoir un lancement un fin de semaine prochaine, à confirmer…
Pas de lancement, pas de chocolat et pas de fête Arianespace (assez réputée dans les milieux autorisés), on m’a proposé en contrepartie une soirée tarot, c’était bien sympathique de jouer un peu, ça faisait longtemps.
Ah oui, j’oubliais, je ne vous ai pas dit, je suis allé au Zoo il y a de ça un mois. C’était vraiment bien, on a assisté au repas des Caïmans : impressionnant ! Il y avait également des pumas et jaguars, des singes, des oiseaux, enfin tout ce que l’on peut trouver comme animaux dans un Zoo mais à la sauce guyanaise. A l’intérieur du Zoo, un parcours accrobranches que nous nous sommes empressés de réaliser. Bon c’était un peu cheap mais il y a de l’idée, surtout lorsque qu’on prend une tyrolienne au dessus de la cage des jaguars !
Ce week-end rien de prévu, du sport si possible mais depuis quelques jours les averses se font présentes, on verra bien ! Demain il y a le marathon de l’espace, on ira voir tout ça.
Bon week-end à toutes et à tous et à bientôt ici ou ailleurs!
PS : Toujours les photos sur la Galerie Flickr !
Episode 5 : cocos et crustacés
06/03/2010
La Guyane, ce n’est pas que la forêt amazonienne, c’est aussi une bande côtière mélangeant mangrove, plage de sable et zones pleines de vases… Cette mixture végétale fort peu appétissante, est charriée depuis l’Amazone, par les courants qui remontent le long des côtes guyanaises. L’océan Atlantique, d’un bleu immaculé aux Açores, revêt une robe brune colorée par cette accumulation de limons. C’est seulement lorsque l’on quitte un peu les rivages que l’on peut commencer à voir ses pieds dans l’eau. Le meilleur endroit pour voir de l’eau un peu moins vaseuse assortie de plages et de cocotiers sont les Iles du Salut. Situées à quelques 10 km en bateau de Kourou, cet ensemble de trois Iles a tristement accueillie les bagnards, dont le plus célèbre reste Dreyfus. Nous avons décidé d’installer notre campement pendant trois jours, dans ce petit coin d’enfer qui aujourd’hui s’est transformé en paradis…
Avant de vous conter notre excursion, un petit retour historique s’impose. Bon en fait, j’ai pas envie de vous raconter l’histoire du bagne de Guyane qui a accueilli près de 70 000 bagnards et qui a fermé en 1947, l’un des plus dures institution pénitentiaire au monde… Pour en savoir plus et pour les motivés, je vous conseil d’aller ici.
Je préfère vous raconter notre week-end de trois jours dans ce petit coin bien sympathique de la Guyane. Pour aller sur ces iles, il faut un bateau (logique) et plusieurs formules s’offrent à nous : un bateau du genre « découverte du port de Sète avec explications sur les bateaux de pêche » ou alors un catamaran avec un skipper au style « Antoine » (mais si vous savez bien, le type qui fait la pub pour les opticiens Atoll…). Le catamaran étant déjà réservé, nous nous sommes retrouvés sur le bateau taxi, tout de suite ça a moins de charme… Mais, en arrivant sur ces iles, on oublie vite les odeurs de gasoil. Les cocotiers, la mer, le vent..ça y est, on a vraiment quitté le continent, nous sommes sur une île ! Les Iles du Salut sont en réalité composées de trois iles. L’ile Royale, la plus grande, là où l’on débarque, abrite une auberge, une gendarmerie (!), un musée, un phare, une église, enfin tout ce qui est utile à la vie sur une ile ! Pendant les années de bagne, c’était là où logeaient les gardiens et leurs familles, c’était les bâtiments de l’administration pénitentiaire. A 500 m, l’ile St Joseph, plus petite et qui est gardée par deux légionnaires qui ont la charge de nettoyer le chemin autour de l’île. On y accède par une navette, un petit bateau qui doit remonter le courant très fort entre les deux iles. Enfin, un peu plus loin, l’ile du Diable, là-même où fut retenu Dreyfus. Cette ile est interdite au public, c’est un sanctuaire pour la faune et la flore, seuls les scientifiques y ont accès et de façon sporadique. Au diable les scientifiques donc, nous avons choisis les légionnaires en installant notre campement sur l’ile St Joseph. Hamac, bâches, foyer, etc., il fallait tout mettre en place pour être bien tranquilles pendant ces trois jours au milieu de nulle part. Nous étions du côté de l’ile où il y a du vent, cela évite les moustiques mais lorsqu’il pleut, on risque de vite se faire mouiller… La devise était donc la suivante : « un hamac, une bâche ». Bien entendu je n’en avais pas pris et un de mes petits camarades, très prévoyant, avait eu la bonne idée de prendre des bâches en plus. Bon, je vous cache pas que notre camp ressemblait plus à une favelas cf. galerie Flickr) que à un camp de légionnaires …mais était ce là l’important ? Après cette installation, direction la plage avec tartinage de crème solaire obligatoire, le soleil ici ne plaisante pas ! La plage (de sable fin) permet un accès à la mer via un chenal naturel balisé par de nombreux rochers. Outre les rochers, il y a un danger encore plus grand pour tout baigneur : le courant. En effet, si l’on n’y prend pas garde, on est littéralement « aspiré » par celui-ci qui nous emmène vers le large, rejoindre d’autres courants ! La baignade est donc dangereuse. Je vous rassure tout de suite, mes réflexes d’animateur ont vite repris le dessus et j’avais un œil en permanence sur les copains (ceci dit, je ne suis pas sûr que j’aurai pu aller sauver qui que ce soit avec une telle mer…). Cet épisode natation était donc assez « sport », pour nous remettre de nos émotions rien de tel qu’un Ti’punch pour fêter notre arrivée sur l’ile. Le soir préparation de délicieuses côtes de porc marinées dans le jus et des noix de cocos, grillées au feu de bois et accompagnées par des pommes de terres cuites à la braise…vous avez dit paradis ? Un peu trop vite je crois ! La nuit fut quelque peu mouvementée. Le vent s’est levé de façon assez fort et s’est engouffré dans nos bâches, je vous raconte pas le boucan tout ce claquement de plastique. Pour couronner le tout, la pluie s’est mise à tomber. La pluie en Guyane et bien elle le montre qu’elle est là… Sortie nocturne du hamac pour aller vérifier les cordages du campement. Je pensais que tout était « under control », j’étais prêt à me rendormi malgré la tempête lorsque j’ai senti, tout doucement, comme une caresse, de l’eau sur mes pieds… En réalité, mon hamac et la bâche se touchaient, une gouttière s’est formée, trop bien ! Le reste de la nuit a été aussi sympathique que le début. Trois heures de sommeil plus tard, me voila debout à 6h30 pour faire un petit tour des lieux. Les autres se réveillent dans la foulée (enfin presque tous, d’ailleurs je me demande comment ils font pour dormir avec le soleil qui tape comme ça..), nous prenons notre petit-dèj. : saucisson, jus de fruit, pain, de quoi bien commencer la journée ! Après une réunion au sommet, nous décidons d’explorer les lieux. Il y a donc un chemin autour de l’île, mais surtout de nombreux bâtiment à l’intérieure de celle-ci. Tout est abandonné, c’est assez impressionnant de voir comment la nature reprend ses droits, on se croirait dans Indiana Jones !
Les activités ne sont pas légions sur l’île : découpe de noix de cocos, rangement du camp, farniente sur la plage et tout cela un lundi ! Et oui, en Guyane, les jours gras (3 jours) sont fériés. Le Carnaval est une religion, il faut être en forme pour le terminer de façon sereine. Retour sur l’ile St Joseph, avec une journée bien calme et reposante, on se baigne, on joue, on se baigne, on mange des noix de cocos, tout va bien dans ce petit coin qui nous changent de notre quotidien au Centre Spatial Guyanais. Ça fait du bien de prendre un peu de recul par rapport à son boulot et surtout au fait d’être en Guyane. Les éternelles questions reviennent…pourquoi je suis venu ici, par exemple, en fait partie. C’est vrai que sur la plage, à regarder la mer, que dis-je, l’océan et bien ces questions s’effacent en se disant que l’on a quand même de la chance d’être ici, que ça passe vite et qu’après on aura des souvenirs plein la tête ! On vit une époque magnifique mes amis, c’est quand même assez dingue de pouvoir venir en stage en Guyane, à l’autre bout du monde et faire de la communication. C’est assez rassurant, cela veut dire que tout le monde communique (oh! la belle Lapalissade) et à besoin de communiquer mais surtout qu’il y a un marché de l’emploi pour cela (optimiste, vous avez dit optimiste…?). Et puis venir passer du temps loin de sa vie de métropole, cela permet de savoir ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas, que ce soit au niveau professionnel ou au niveau personnel. On ne le répétera jamais assez, les voyages forment la jeunesse !
C’est donc assez enjoué que j’ai passé ce séjour sur les Iles du Salut. Les jours suivants nous avons continué nos activités en n’oubliant pas d’aller saluer les légionnaires autour d’un apéritif guyanais. Une rencontre sympathique qui, là aussi, fait prendre du recul sur sa propre vie. Imaginez le tableau, vous êtes coincés, pendant deux ans, sur une ile déserte avec pour seuls compagnons des chiens et des poules (j’ai dit des poules pas des brésiliennes!) alors que votre femme et vos enfants sont en métropole. Drôle de vie n’est-ce pas ? C’est le quotidien des militaires, l’isolement en plus.
Il fallait que ça arrive, le retour en bateau pour le continent, Kourou, notre appartement (90m2) qui ne sera jamais assez grand face à une chambre avec vue sur la mer. Nous, ici, on a vu sur le parking du supermarché, beaucoup moins glamour quand même. Je comprend maintenant pourquoi les gens payent des fortunes pour aller aux Maldives, à l’Ile Maurice… Nous c’était moins cher et surement aussi bien, alors on va arrêter de se plaindre et profiter de la chance que l’on a d’être ici, dans cet enfer vert et marron alors que d’autres se gèlent en métropole.
Dans le prochain billet, j’essaierais de vous faire vivre une journée type en Guyane (de mon point de vue du moins).
Bon week-end à toutes et à tous !
P.S. : toujours les photos sur la galerie Fickr.
Episode 4 : pompons et cotillions
20/02/2010
Vous le savez sans doute, le mois de février est traditionnellement la période des Carnavals. La Guyane n’échappe pas à la règle avec, cette année, 1 mois et demi de fêtes, clôturées par des défilés impressionnants notamment à Cayenne et à Kourou. Dans cette dernière, c’est la grande parade du littoral qui réunit les foules. Un défilé de danseurs, musiciens avec des déguisements parfois très originaux (cf. Galerie Flickr) mais aussi des chars colorés de groupes brésiliens.
Cette parade est très connue en Guyane et ce sont près de 10 000 personnes qui étaient réunies pour assister à ce spectacle unique et voir la prestation des amis et proches qui défilent. Il y a même un concours du plus beau groupe avec un jury donnant différents prix. Inutile de vous dire que généralement ce sont les groupes brésiliens qui remportent les lots, tellement leurs chars et costumes sont colorés et complexes, accompagnés par des danseurs et des musiciens qui ont ça dans la peau !
Un grand moment donc auquel j’ai eu la chance de participer. Nous avons été contacté, les autres stagiaires et moi, par une association de lutte contre le Sida. Il faut savoir que la Guyane est le département avec le triste record du plus grand nombre de personnes atteintes par le Sida. Il n’y a pas de Don du Sang ici, tellement les risques sont grands. Il faut dire qu’il y a beaucoup de communautés différentes en Guyane, comme vous pouvez le voir en suivant ce lien, et que le port du préservatif n’est pas, mais alors pas du tout ancré dans les esprits. Nous avons donc défilé avec cette association et distribué pas moins de 5 000 préservatifs en 2h ! Nous étions déguisé de la tête aux pieds, il ne fallait pas que l’on puisse voir ne serais-ce qu’un morceau de notre peau, c’est le principe des touloulous et tololos. Et qu’il faisait chaud sous ces costumes sous ce soleil guyanais de l’après-midi…
Après avoir défilé pendant près de 3h, nous avons passés une excellente soirée en mangeant, brochettes, accras et autres gourmandises de la Caraïbe. Les pistes de danse improvisées nous ont tenu en haleine une bonne partie de la nuit en oubliant que l’on étais un dimanche soir et que le lendemain, le réveil sonnerait à 6h pour aller au boulot !
Comme toujours vous pouvez retrouver plein de photos colorées dans le Galerie Flickr.
La prochaine fois, je vous raconterais mon week-end sur l’île St Joseph…
Episode 3 : mais où sont passés les singes ?
12/02/2010
La Guyane, c’est 200 000 habitants dont 90% habitent sur une bande côtière. Le reste de la population habite à à l’intérieur du territoire, principalement dans la forêt et aux abords des nombreuses rivières (pêche oblige).
Bien que ce n’était pas la forêt primaire, il existe des lieux, tout près de Kourou où l’on peut se familiariser avec cette ambiance si particulière. Nous avons donc passés un samedi après-midi à la Montagne des Singes. Il y a avait deux possibilités de parcours, nous avons opté pour le plus grand ! La boucle est de 4 km, elle passe par le sommet de cette colline qui culmine à 200m (!) d’altitude, une broutille pour un grenoblois. Nous voila donc partis à l’intérieur de la forêt qui se faisait de plus en plus dense à mesure que nus avancions… Arrivés au sommet, la vue est magnifique, on aperçoit le Centre Spatial. C’est d’ailleurs un des lieux où le public se réunit et assiste aux lancements de la fusée Ariane 5. Il y a un carbet appelé le « carbet aux araignées » tellement celles-ci on investie la cabane en bois. Celui-ci fait office de lieu à l’abri des averses pour assister tranquillement au lancement d’Ariane 5 et bientôt de Soyouz et de Véga…
Un joli site donc mais nous restions sur notre faim. Toujours pas de singes en vue et la pluie, ou plutôt le déluge d’eau, venait se mêler à notre petite balade ! Quand il pleut ici, ce n’est pas la petite averse où l’on a le temps de mettre tranquillement son imperméable, en Guyane le parapluie est de mise. Facile à sortir, pratique à porter, c’est l’ami des guyanais qui peuvent aussi l’utiliser en tant qu’ombrelle.
Revenons à notre balade, sans singes donc, mais avec une bonne rigolade lorsqu’on est sorti de la forêt, trempés de la tête aux pieds ! C’est donc ça la « rain forest » ?
Comme toujours les photos sont dans la galerie Flickr.
Rendez-vous très prochainement pour un petit billet sur le carnaval de Kourou où j’ai eu la chance de défiler
Épisode 2 : Bienvenu au CSG Loïc !
03/02/2010
Lundi matin, 6h. Il faut se lever, le stage va commencer. Il faut chaud dans ma chambre, je n’ai pas mis la clim toute la nuit : erreur ! Je regarde par la fenêtre et le petit monde de Kourou s’agite doucement. Les uns vont au boulot, les autres à l’école. Il y a beaucoup d’écoliers. On les reconnaît à leurs tee-shirt de couleur, une couleur = une école/collège. En Guyane, 1 habitant sur 2 à moins de 25%, ça en fait des enfants !
Premier jour de travail donc, direction l’accueil pour récupérer mon badge qui, bien entendu, n’est pas prêt…après une attente de 45 minutes le badge est enfin là, je fais la photo, on imprime et hop c’est partit, à moi le CSG !
Après cet épisode bien nécessaire (les gardiens ouvrent l’oeil et il faut montrer patte blanche pour rentrer dans les installations), j’arrive au service Communication qui est en pleine effervescence. En effet, aujourd’hui un évènement se déroule au CSG, les vœux du Président du CNES Yann D’ESCATHA. Vu que ma maître de stage est chargée de la Communication Interne, c’est à elle de s’occuper de la venue du Président, les présentations attendront. Des vœux assez longs, en réalité je n’ai jamais assisté aux vœux de qui que ce soit…mais très intéressant sur le point des perspectives au niveau de la politique du CNES, une bonne introduction en somme à mon stage. Un buffet fut servi après les vœux avec la traditionnelle galette qui n’avait rien à envier à celle de chez Eric Tixier !
Journée de lundi bien remplie donc avec aussi la présentation auprès de certains de mes collègues, très sympathiques.
Le mardi matin, navette à 7h10 (je prend la navette en bas de chez moi, il y en a deux le matin à 7h10 et 7h50 et deux le soir pour rentrer à 16h10 et 17h) et première réunion de service, normalement programmée tous les lundis matin mais décalée vous savez pourquoi. J’ai pu lors de ce moment, me présenter officiellement aux autres personnes du service (en majorité des femmes, on est en com’ quoi !), il y a l’air d’avoir une bonne dynamique voire dynamite…affaire à suivre !
L’après-midi, on m’a proposé de me greffer à une visite, celle de la Boudeuse, ce trois mats goélette, construit en 1906 qui a servie à faire du transport de marchandises en Mer du Nord et en Mer Baltique. Après lui avoir enlevé ses mats et l’avoir équipée d’un puissant moteur Diesel, la Boudeuse à été démantelée en 1973, elle a été rachetée dans les années 90 et remise à pied par un groupe de suédois. Elle a été ensuite vendue en 2004 au capitaine Fransesci. La Boudeuse à Kourou ? Mais pourquoi donc ? Et bien car la Boudeuse est le support d’une exploration scientifique, pilotée par le CNRS et le CNES. Des marins et des scientifiques appareilleront de Cayenne le 3 février pour une mission de un mois sur le fleuve Maroni. Des biologistes mais aussi des anthropologues et même un écrivain iront à la rencontre de la Nature guyanaise et des habitants de ce fleuve. Après le Maroni, direction le Venezuela, l’Argentine, puis passage par le mythique Cap Horn pour aller en Polynésie Française et fin du voyage dans un an en Nouvelle Calédonie. Une sacrée aventure avec un beau voilier que j’ai eu la chance de visiter, vous pouvez voir quelques photos à ce propos dans la galerie Flickr.
Mercredi, visite du site de Montabo, un radar de suivi de Ariane 5 mais aussi le siège de la Mission Guyane. Cette entité du CNES aide au développement de la Guyane en financement certains projets de très petites entreprises, dans l’idée de créer de l’emploi. J’aurais l’occasion de reparler de la Mission Guyane, je serais amené, en effet, à la mettre en valeur dans mon stage. J’étais accompagné par les guides du Centre Spatial qui font les visites du Musée de l’Espace et des installations, on a passé un bon moment, c’était bien sympa ! Vu que j’ai fait pas mal d’animation, ça m’a rappelé l’ambiance de la Casemate… La vue est superbe de là-haut, on domine à la fois Cayenne et le littoral (cf. les photos dans la galerie Flickr). Je crois que c’est la montagne la plus élevée du littoral et le soir il y a des dizaines de cyclistes et joggeurs qui font l’ascension, c’est assez marrant de voir ces gens suer alors que l’on est dans un bus climatisé. Retour assez tard sur Kourou car le pont entre Cayenne et Kourou, le pont du Larivot, est coupé depuis novembre dernier pour des travaux, cela rallonge le trajet de 45 minutes, il faut maintenant 1h30 pour faire Kourou-Cayenne…retour prévu à la normale en avril. Cette situation embarrasse tout le monde et coûte extrêmement cher aux usagers de la route en terme d’essence. Jeudi dernier à 4h du matin, les chauffeurs routiers ont bloqué la seule route reliant Kourou à Cayenne, la Guyane était coupée en deux. Cela a perturbé le CSG car beaucoup de personnel habite à Cayenne. Les gens se sont rués dans les magasins pour s’approvisionner en nourriture, essence et gaz. Il faut dire qu’il y a un an, la Guyane est restée paralysée pendant 15 jours !
Jeudi, c’était les vœux du Directeur du CSG à tous les industriels de la base. Il faut savoir que la CNES n’est pas seul sur la base, il y a 30 entreprises qui travaillent à la bonne marche des lancements d’Ariane 5, à la maintenance et à la protection du site. On peut citer par exemple SNECMA, constructeur d’un moteur d’Ariane 5, REGULUS qui fournit le propergol solide des boosters ou encore APAVE qui s’occupe de contrôler les répercussions environnementales de l’activité du CSG., sans oublier les Pompiers de Paris et les légionnaires du 3e REI. Ce sont plus de 1500 personnes qui travaillent sur le site. Le matin, on a installé le buffet avec Eric, qui est chargé de com’ interne, on a déplacé les tables mais aussi donné des ordres aux prestataires, toute l’ambivalence des métiers de la Communication ! Il y avait beaucoup a manger mais ce n’était pas très bon…ça fait toujours un repas gratuit, on va pas se plaindre.
Une grosse semaine qui se terminait le vendredi matin (on ne travaille pas le vendredi après-midi) par la visite du CSG. J’ai fait le tour en mode touriste, avec prises de photos et questions aux guides, les mêmes avec qui je suis allé à la montagne Montabo. On a eu la chance de voir la table de lancement d’Ariane 5, c’est assez rare, d’habitude la table reste dans les bâtiments de préparation. Sinon pour info, prochain lancement le 24 mars à 19h03 heure de Kourou soit 23h03 heure de Paris ! J’assisterai à trois lancements lors de mon stage, le 24 mars donc, puis fin avril et fin mai, je suis vraiment content ! Ca se sent, non ?
Fin de la semaine et de ce billet, dans le prochain, je vous raconterais mon excursion dans la « rain forest »… au plaisir de lire vos commentaires !
Épisode 1 : Chaleur, humidité et balade en forêt
27/01/2010
Et voila ! Je suis donc arrivé en Guyane. L’Amérique du Sud, ça se mérite, il y a ainsi plus de 9h de vol pour atteindre Cayenne depuis Paris. Heureusement, l’avion était presque vide, j’avais donc trois sièges pour moi ! Par contre, je vous raconte pas l’impact carbone de ma petite personne avec ce vol…
Adrien (stagiaire qui part à la fin de la semaine…), Paul (un catalan présent en Guyane pour 18mois) et William (mon coloc, en stage jusqu’en juillet) m’ont accueilli à la sortie de la navette qui m’a emmené de l’aéroport à Kourou. Ils m’ont fait gouté au « Super Maguy », un sandwich avec tout dedans : double steak, œufs, tomates, piments, etc. (je posterai une photo), c’était pas mauvais, préparé par un camion de sandwichs en bas de notre immeuble. Décalage horaire oblige (-4h), je me suis endormi rapidement sans demander mon reste.
Le lendemain, réveil assez matinal (6h30) pour un lever de soleil sur la plage, la classe quoi ! L’eau n’est peut être pas turquoise (les boues de l’Amazone remontent le long des côtes guyanaises) mais quel spectacle, c’est dans ces moments qu’on se dit que la vie est belle et mérite qu’on la vive à fond
La journée ne faisait que commencer car après ce lever de soleil, direction Sinnamary, petite ville à 35km au Nord de Kourou pour une visite culturelle. Avant de manger, nous avons fait un petit tour en forêt. Quand je dis nous, c’est un groupe de stagiaires du Centre Spatial. On est une dizaine à se retrouver en Guyane, c’est bien sympa, l’ambiance est cool. Vous ferez leur connaissance tout au long de mon séjour au travers de ce blog. Parenthèse fermée, je disais donc que nous sommes allés en forêt, à proximité d’une crique (plan d’eau douce ou salée où l’on peut se baigner généralement et où des carbets, cabanes en bois dans lesquels on peut pendre don hamac, sont installés). Nous avons suivi un sentier pour pénétrer dans cet enfer vert où la végétation est luxuriante et la faune très variée (nous reviendrons sur la nature en Guyane dans de prochains billets). Après une heure de marche, retour à Sinnamary pour déjeuner au bord du fleuve dans un restaurant traditionnel. Au menu, Agouti, une sorte de rongeur dont je vous laisse découvrir la petite mimine en cliquant sur le lien suivant : la fiche de l’Agouti sur Wikipédia. C’était très bon !
Après le repas, suite de la visite, au marais Yiyi cette fois-ci, avec observation des oiseaux et autres espèces vivantes qui ont bien voulu se montrer avec le bruit que l’on faisait…les caïmans, par exemple, sont restés assez discrets : ce sera pour une prochaine fois ! Retour sur Kourou, un peu crevé mais avec plein d’images en tête, la Guyane, ça envoi du gros !

Sinon mon stage a bien commencé, je vous dirais un peu ce que j’ai fait durant cette première semaine prochainement. En vrac, voeux du président du CNES, visite du CSG, réunions de service, installation dans mon « bureau », visite de la Boudeuse, etc. Mes missions de stage ont également été changées, j’y reviendrai.
Concernant ce blog, je vais essayer de poster deux fois par semaine (mercredi et dimanche par exemple), n’hésitez pas à commenter et à laisser un petit mot
Vous pouvez accéder à ma galerie de photos sur Flickr en cliquant sur ce lien : galerie photos Flickr, ça vous donnera une idée de ce que c’est la Guyane…
Bonne fin de semaine et à très bientôt !
Passez l’année 2010 avec le CNES
18/01/2010
Dans une semaine, premier jour de stage, la pression et l’excitation commencent à monter…
Je serais donc en stage au sein du CNES (Centre National d’Études Spatiales) et serais affecté dans le service Communication. Depuis quelques temps déjà, le CNES propose de vulgariser, parler et communiquer sur ses activités au travers de quelques supports et médias assez amusants et plutôt bien faits. On peut retenir le Journal de l’espace, mensuel vidéo qui traite de l’information spatiale, La capsule , un podcast audio avec trois chroniques originales proposées chaque mois ou encore le CNES Mag, un web-magazine trimestriel qui décrypte l’actualité spatiale.
Pour lancer l’année 2010, le CNES innove en proposant, chaque mois, aux abonnés à la newsletter, de recevoir un fond d’écran pour personnaliser leur bureau d’ordinateur aux couleurs du spatial français. Lancement ce mois-ci avec bien entendu la commémoration des 30ans du lanceur Ariane, c’était le 24 décembre 1979.
Pour plus d’informations :
Le calendrier 2010 : http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/8205-une-annee-avec-le-cnes.php
Le Journal de l’espace : http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/7924-le-journal-de-l-espace.php
Le CNES Mag : http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/894-cnesmag.php
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Un stage en Guyane
13/01/2010
Un stage en Guyane, mais pourquoi faire ?
En effet, pourquoi aller si loin pour faire un stage en communication scientifique alors qu’on peut le faire en France Métropolitaine ?
Et bien tout simplement parce que je suis passionné de spatial et ce depuis 15 ans maintenant. Quoi de mieux alors que de faire un stage au Centre Spatial Guyanais, Port Spatial de l’Europe ? C’est lors de ma deuxième année de Physique que je décidais de partir en Russie, pour apprendre le russe. Mon idée était la suivante : pouvoir prétendre plus tard être à l’interface entre français et russes dans le cadre de la venue du lanceur Soyouz en Guyane. Quatre ans plus tard, voilà que mon projet se réalise même si, il est vrai, je ne serais pas médiateur entre russes et français. Mon stage se déroulera donc au sein du CNES (Centre National d’Études Spatiales), acteur majeur du spatial européen (plus d’un quart du financement de l’Agence spatiale Européenne : ESA) je travaillerais dans le service Communication.
Trois missions m’ont été assignées :
- la réalisation d’un livret « L’environnement et le CSG » décliné sur plusieurs cibles
- la réalisation d’une série de supports d’information sur la sécurité à destination des publics internes et externes (fiches, signalétiques, web, intranet)
-la réalisation d’une série signalétique « qualité »
Je n’en sais pas plus actuellement, je vous en ferai part dès mon installation !
Qui dit Master 2, dit mémoire professionnel…composé à la fois d’un rapport de stage et d’une problématisation de mes pratiques de stage, ce mémoire sera l’occasion de prendre un peu de recul par rapport à mon stage. Pour le moment ma problématique est la suivante : « Le risque industriel et l’environnement, quel positionnement pour la communication d’entreprise ? L’exemple du Centre Spatial Guyanais. »
Vaste sujet, qui sera certainement remanié pour coller au mieux aux caractéristiques de mon stage.
C’est donc dans cet optique que je pars en Guyane, pour réaliser, en quelque sorte, un rêve mais aussi pour tenter de continuer cette aventure. Je souhaite effectivement travailler dans le domaine du spatial plus tard. Alors, quoi de mieux que de se lancer dans la vie professionnelle par un stage au plus près des étoiles…
Départ le 22 janvier et actualité politique
11/01/2010
C’est le 22 janvier que je pars en Guyane pour mon stage, retour prévu le 28 juin avec plein d’images dans la tête !
Les préparatifs s’accélèrent et la motivation est là.
Ce matin au menu des matinales des radios comme RTL, France Info, France Inter, etc., on parle de la Guyane. Hier, dimanche 10 janvier, s’est déroulé un référendum sur la question d’une autonomie accrue pour la Martinique et la Guyane. Les habitants de ces deux départements se sont assez largement prononcés contre la transformation de la Martinique et de la Guyane en Collectivité d’Outre-Mer comme la Polynésie ou Wallis et Futuna, par exemple. Prochain scrutin le 24 janvier en pour savoir si les Martiniquais et les Guyanais souhaitent que le conseil régional et le conseil général soient réunis dans une même collectivité locale.
Ce rejet ce projet s’explique, a priori, par les modifications économiques trop importantes que cela impliquerait, notamment au niveau des aides de l’état qui deviendraient alors très faibles pour ces collectivités.
Plus d’informations sur France Guyane et RFO.
Loin de moi l’idée de politiser ce blog, il me parait néanmoins important de connaître la donne politique d’un territoire dans lequel on va passer du temps.
« All systems Go and ready for liftoff »
J-10 avant le décollage !

















